Mathurin Régnier le poète satirique

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Mathurin Régnier, né en 1573 à Chartres et mort en 1613 à Rouen, a marqué l’histoire de France par sa capacité à railler ses concitoyens. 

Sa vie est assez mal connue, les documents qui relatent son parcours se font assez rares. Né à Chartres, fils d’un notable chartrain, qui tenait sur la place des Halles un jeu de paume appelé le “Tripot Régnier”, le jeune Mathurin a, ce qu’il semble, hanté de bonne heure des lieux fort peu recommandables. Il fréquente la cour, il aime bien manger et les boissons ne sont jamais très loin. Il est d’ailleurs un client assidu du célèbre cabaret Parisien “La Pomme de Pin”, lieu prisé des poètes satiriques de l’époque. Destiné cependant aux ordres, Régnier est tonsuré très tôt, à neuf, onze ou quatorze ans selon les sources. Après une dizaine d’années passées en Italie, il revient s’établir en France où, abandonné du cardinal de Joyeuse, il semble avoir mené une existence misérable… jusqu’au jour où, la mort de son oncle Desportes (1606) lui laisse une pension de deux mille livres, à laquelle s’ajoute l’octroi d’un canonicat dans sa ville natale de Chartres (1609). 

Les années satiriques
Après avoir été un des poètes attitrés de Henri IV, dont il chante dans ses vers la maîtresse, Gabrielle d’Estrées, Mathurin Régnier fait éditer entre 1608 à 1613 quinze ou seize satires (selon les sources). Il est, à ce titre, considéré comme le premier poète satirique de langue française. Latiniste fort cultivé, il est un fervent lecteur des grands écrivains du XVIe siècle, non seulement Montaigne, dont il appréciait la philosophie, mais aussi Rabelais, dont il se rapprocha par son inspiration réaliste et une verve proche. Mathurin Régnier a l’art du portrait en action. Il accumule les détails dans l’objectif de ridiculiser aussi bien l’apparence que le comportement de ceux qu’il dépeint. Il montre notamment comment le ridicule est la conséquence de deux travers : l’homme, imbu de sa personne, ne pense qu’à lui. D’autre part, ainsi enfermé dans son égoïsme, l’homme est sans cesse plongé dans des contradictions dont il ne s’aperçoit même pas. 

Le succès au rendez-vous
Ses satires font mouches. Elles obtinrent un tel succès qu’il fut nommé poète officiel de la cour. Régnier composera, alors, dans les années qui suivent, des œuvres de commande pouvant aller aussi bien des élégies aux poésies spirituelles. C’est pour Henri IV qu’il écrivit ses Élégies. Les œuvres complètes de Régnier, publiées par ses amis l’année même de sa mort (1613), comprennent, pour l’essentiel, outre des Élégies et des Épîtres, les 15 ou 16 satires (dont quatre posthumes): satires littéraires, comme Le poète malgré soi (XV) ou la Satire à Rapin (IX), appelée encore Le critique outré ; satires psychologiques ou philosophiques.

La peinture comme une seconde lame 
Mathurin Régnier excellait également dans la peinture. Doué d’un regard d’observateur réaliste, il se fait le peintre des mœurs de son temps, avec verve et pittoresque, abondant en détails pittoresques et finement observés sur la vie quotidienne à Paris, sous le règne de Henri IV.

Une trace indélébile
Le succès des satires de Régnier restera extrêmement grand. Des personnalités aussi diverses que Scarron, Saint-Amant ou même Molière furent influencées par son œuvre. En somme, ses satires  sont considérées comme des œuvres importantes, voire majeures, de la poésie française de transition ; elles furent le principal anneau, le principal chaînon qui rattacha la satire du moyen âge à la comédie classique.

Sources : 
www.anthologie.free.fr/anthologie/regnier/regnier.htm
www.notesdumontroyal.com/note/179
www.espacefrancais.com/mathurin-regnier

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