Fulbert de Chartres, l’écolâtre renommé

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Fulbert de Chartres, né entre 952 et 970 et décédé le 10 avril 1028, est progressivement devenu célèbre. Auteur de poèmes, il fut nommé évêque de Chartres en 1006. 

Certains le font naître en Italie, d’autres en Picardie. Sur ses origines, deux hypothèses s’affrontent. A priori, la théorie la plus probable est qu’il soit né près de Rome dans une famille pauvre. Fulbert eut pour maître un évêque italien, séjourna un peu à Rome, puis, vers 984, vint à Reims pour y suivre les leçons de l’illustre Gerbert d’Aurillac, le futur pape Silvestre II. 

Poursuivre des études
Son arrivée à Chartres aurait été en 992, afin d’y apprendre la médecine notamment. La ville n’est à priori pas dépourvue en matière d’enseignement. Depuis l’époque carolingienne, on y enseigne les sept arts libéraux (le Trivium : grammaire, rhétorique, dialectique, et le Quadrivium : arithmétique, géométrie, Astronomie et musique). Fulbert y ajoute l’enseignement du droit et celui de la médecine (qui est devenue une des spécialités de l’école chartraine depuis la fin du Xème siècle).Réputée savante, l’Ecole de Chartres sous Fulbert attire des élèves provenant parfois de toute l’Europe chrétienne. Certains élèves de Fulbert devinrent écolâtres par la suite dans d’autres villes. L’enseignement se fait évidemment en latin, et Fulbert ne connait pas le grec (ce qui est courant à cette époque).

Les faveurs de Robert le Pieux
Très vite, il est nommé maître, chancelier puis chanoine. En 1006, la faveur du roi Robert le Pieux, qu’il connaissait depuis longtemps, le porta à l’évêché de Chartres. Fulbert acquit un prestige considérable auprès de ses contemporains ; sa correspondance est une source importante de l’histoire de son temps. L’incendie de 1020 marqua un tournant dans sa carrière. On suppose que cette cathédrale, édifiée sous l’évêque Vulfart après 962, était déjà de grandes dimensions (100 m sur 30 m). Fulbert lança le nouveau chantier, financé en bonne partie par les riches terres du chapitre, mais aussi par les dons des Chartrains. On fit appel également aux puissants : le roi Robert, le comte de Chartres Eudes II, et d’autres, comme Guillaume V d’Aquitaine, ou, plus curieux, Cnut, le roi d’Angleterre et de Danemark, qui était envieux de faire oublier des destructions que lui et son père Sven avaient cumulées en France par le passé. 

Une certaine influence
Pendant toutes ses années d’évêque, Fulbert fut sollicité par les puissants, et il écrivit de très nombreuses lettres pour régler des points de droit canonique ou de questions sur les liens vassaliques. Le texte le plus célèbre est sa réponse au duc Guillaume d’Aquitaine, en 1020. Guillaume ne savait pas quelle position adopter vis-à-vis de trois de ses vassaux qui se querellaient. Il consulta Fulbert, ce qui montre que l’évêque faisait autorité sur ces questions.

Attaché à la tradition
Fulbert est le contraire d’un novateur ou d’un réformiste en matière d’enseignement : il est très profondément attaché à la tradition. Pour Fulbert, il ne faut pas chercher à dépasser la tradition et le mieux que l’on puisse faire est de mettre les pas dans ceux des Pères de l’Eglise et de suivre la Bible avec rigueur. Ses élèves ne suivront pas tous Fulbert dans ce sens, puisque l’un d’eux, Bérenger, se fera connaître pour son rejet de la croyance en l’Eucharistie.Les lettres de ses élèves montrent que Fulbert est vénéré. Dans une lettre, un élève l’appelle “notre Socrate”. Fulbert fait figure d’exemple à suivre pour son allure digne et grave, et toujours bienveillante pour ses élèves. Le maître aime réunir de temps en temps ses meilleurs élèves pour aborder des points de théologie. A la mort de Fulbert on peut parler d’un véritable culte qui va amener à la canonisation de l’évêque.
Il faut attendre le XVIIème siècle pour qu’on se souvienne à nouveau de l’évêque Fulbert. Au XIXème siècle le culte de Fulbert reprit une véritable vigueur, qui se poursuivit au XXème siècle, avec l’installation en 1928 dans la crypte de deux vitraux (toujours visibles) de Fulbert enseignant et Fulbert bâtisseur. Puis plus récemment : le lycée Fulbert en 1991 et la statue de Fulbert installée sur le parvis de la cathédrale, le 10 avril 1997.

Source : Claude Génin : Fulbert de Chartres, une grande figure de l’Occident chrétien au temps de l’An Mil.

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