Anecdotes, légendes, révélations…

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Cette rubrique est destinée aux histoires insolites sur Chartres et son agglomération. Dans ce numéro , découvrez l’histoire du “Clou de la Cathédrale de Chartres”.

Le clou de la cathédrale est-il considéré comme un miracle une fois par an dans le célèbre édifice de Chartres ? En réalité, pas vraiment. L’explication est simple… ou presque. Dans la bordure du vitrail d’Apollinaire, des pièces de verre ont été remplacées par une plaque de métal percée d’un trou circulaire obturé d’un verre transparent. Côté dallage, un clou a été placé de telle manière, que le 24 juin, un cercle lumineux vienne s’inscrire sur sa tête lorsque le soleil est au zénith.

C’est l’instant du “midi vrai” local. On peut également remarquer que si la dalle portant le clou est en biais par rapport au reste du dallage, elle est correctement orientée dans le sens Nord-Sud. Et le clou planté vers son bord sud est centré sur la dalle dans

L’emplacement du clou n’est pas le fruit du hasard

le sens Est-Ouest ; c’est exactement la disposition que l’on attendrait d’un dallage destiné à recevoir une future méridienne. A priori, seul le premier point aurait été réalisé, le projet aurait été abandonné par la suite.

L’initiateur de l’expérience. On doit cette expérience au chanoine Claude Etienne, en 1701. Le but exact de l’expérience n’est pas clairement établi. L’expérience aurait été menée à des fins astronomiques par ce chanoine. Selon Gilles Fresson, coordinateur de la cathédrale, « Le clou ne comporte aucun lien avec la symbo-


La 2nde Guerre Mondiale a sérieusement retardé l’horloge interne

lique de la cathédrale. Il s’agit simple- ment d’un repère permettant de marquer un point précis dans le temps : l’heure du midi au solstice d’été. » En revanche, l’emplacement du clou n’est pas le fruit du hasard : il a été choisi pour sa praticité et l’éclairage qu’il reçoit.

Une précision… incertaine ! Même si l’ensemble est astucieux, il n’est pas d’une grande précision. Elle s’explique d’une part par la date à laquelle l’expérience est censée fonctionner. Certains parlent du 24 juin (en référence à la Saint Jean d’été), quand d’autres évoquent le 21 juin, jour du solstice d’été. Par ail- leurs, la Seconde Guerre mondiale a sérieusement retardé l’horloge interne de la cathédrale de Chartres. Après le conflit, le vitrail de Saint-Appolinaire a en effet été démonté puis remonté. Cette opération a ainsi contrarié tous les calculs effectués par le chanoine, deux siècles auparavant.

Quelques ajustements nécessaires. Plusieurs corrections sont aujourd’hui nécessaires pour connaître l’heure
réelle. D’une part, les horloges sont construites pour donner un “temps moyen”. D’autre part, la base de l’heure universelle (1884) est celle du méridien de Greenwich (environ 5 minutes 20 secondes de différence avec Chartres). Et enfin, l’heure officielle française en est supérieure d’une heure durant l’hiver, et de deux heures l’été. En conséquence, le 24 juin (ou le 21!), le midi “vrai” est en retard de 2 minutes sur le midi “moyen”.

Un travail remarquable. Finalement, en considérant le niveau de connaissance nécessaire à l’élaboration de ce petit morceau de métal, et si on prend en compte les matériaux utilisés, l’emplacement, l’angle, la position sur la dalle, le travail est remarquable. Et de nombreux curieux

Plus d’une centaine de personnes présentes cette année

viennent chaque année assister à la scène… quand la météo le permet! Ainsi, le 21 juin dernier, plus d’une centaine de personnes étaient rassemblées autour des chaises protégeant le clou, équipées d’appareils photos ou téléphones, pour capter le moment “fatidique”.

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